R&D

Recherche et développement…

L'entreprise accorde une haute importance à l'innovation et s'investie dans la recherche et le développement à divers niveaux. Au fils du temps, de nombreuses collaborations sont nées entre les producteurs et différents professionnels du milieu de la pomme de terre au Canada mais également dans d’autres pays. L’intérêt de la ferme pour l’avancement de la production a mené à la collaboration sur différents projets ainsi qu’à l’élaboration d’autres projets directement sur la ferme. En voici quelques bons exemples :



1.Implementing means to increase potato ecosystem services (ULAVAL)

2. Gestion spécifique et modélisation de la pomme de terre (Solanum tuberosum L.) par cultivar (ULAVAL)

3. Agriculture de précision (ULAVAL)

4. Projet biomasse (Substor) (ULAVAL) Essai au champ d’un distributeur mécanique de prédateurs naturels pour la lutte biologique contre le doryphore de la pomme de terre      
  (MAPAQ, ULAVAL)

5. Essai au champ d'un distributeur mécanique de prédateurs naturels pour la lutte biologique contre le doryphore de la pomme de terre. (MAPAQ, ULAVAL)

6. Innovation dans la technique de plantation de pommes de terre (CNRC)

7. Developing innovative strategies to improve disease control in potato (AAC N-B)

8. Réduction de la contamination des eaux souterraines et de surfaces par les insecticides en production de pommes de terre au Saguenay-Lac-Saint-Jean. (Agrinova)

9. Diminution des pesticides pour le contrôle du PVY dans la culture de pomme de terre (MAPAQ)

10. Évaluation des populations de cicadelles et des dommages causés à la pomme de terre (MAPAQ)

11. Dynamique spatiale et temporelle des pucerons et du virus Y des pommes de terre (Agrinova)

12. Les modalités d’enfouissement de la moutarde pour maximiser l’effet biofumigant (Agrinova)

13. Distribution mécanique de prédateurs pour la lutte biologique contre le doryphore de la pomme de terre

*** Toutes les données présentées ne sont en aucun cas des recommandations. ***

Developing innovative strategies to improve disease control in potato

Date : 2014 à 2018

Demandeurs : BioNB

Principaux collaborateurs : Comité Nord, Comptoir commercial des lubrifiants, Maxi Sol, Plant & Food Research & Potatos NB

Résumé :

Il y a des pertes importantes dans la production de pommes de terre à chaque année dues à différentes maladies et défauts de qualité donc, trouver des stratégies pour atténuer ces problématiques aurait un avantage économique important. Les collaborateurs au projet sont intéressés à travailler sur trois sujets de recherche qui sont d'un intérêt particulier pour l'industrie de la pomme de terre ce qui incluse: la gale commune, le virus Y de la pomme de terre (PVY) et le sucrage en entreposage. La gale commune engendre d'importantes pertes économiques chaque année au Canada. Il n'y a actuellement aucune méthode de lutte contre cette maladie. Pour sa part, le PVY cause une diminution du rendement au champ et est particulièrement problématique pour la production de la pomme de terre de semence puisque le seuil de tolérance est faible. Les tubercules entreposés à de basses températures produisent des sucres résultant en une coloration foncée indésirable à la friture. L'objectif général de ce projet est donc de développer des stratégies innovatrices pour améliorer le contrôle des maladies et de prédire le sucrage en entrepôt. Plus précisément, le projet se veut de:

1) Développer une méthode de contrôle pour la gale commune en identifiant les facteurs biotiques et abiotiques favorables à la maladie;

2) Étudier le mécanisme de l’inhibition de la transmission du PVY par de l'huile végétale et minérale; et finalement

3) Développer des gènes indicateurs d'expression pour la sélection de résistance au sucrage en entrepôt pour différentes variétés de pommes de terre.


La ferme Daniel Bolduc participe à la 2e partie du projet en faisant des essais sur le terrain sur l'efficacité de l'huile minérale en conditions commerciales.


Innovation dans la technique de plantation de pommes de terre                                                                            

Date : 2014 à 2017

Demandeurs : Ferme Daniel Bolduc

Résumé :

Le principal objectif de l’entreprise est d’homogénéiser la production de tubercules de semence de pommes de terre tout en augmentant les rendements.

Plus précisément, la ferme veut être en mesure de choisir le calibre des tubercules produits en fonction de la variété ainsi que la quantité produite afin de répondre aux besoins du marché.


Réduction de la contamination des eaux souterraines et de surfaces par les insecticides en production de pommes de terre au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Date :2014 à 2017                                                                                                                                                                   

Demandeurs : Vicky Poirier, Agrinova

Résumé :

La production de pommes de terre se fait en sols sableux donc favorable à l’infiltration des contaminants vers les aquifères. Le problème est d’autant plus important que des doses croissantes d’insecticides soient nécessaires pour contrer l’acquisition de résistance aux insecticides par les insectes ravageurs (de Ladurantaye, 2011). La performance individuelle de plusieurs solutions alternatives pour réduire la pression des ravageurs et protéger l’environnement sont connues : réduction des pesticides, utilisation responsable des pesticides, réduction du ruissellement par l’aménagement de bandes riveraines, etc. Comme ce projet vise à documenter et à rédiger un plan d’action, il est important de prévoir dès maintenant les actions à mettre en œuvre, sur le terrain, chez les producteurs et à les sensibiliser à la problématique. Le principal objectif du projet est donc de réduire la contamination de l’eau souterraine par les pesticides (particulièrement les insecticides) dans la production de pomme de terre au Saguenay–LacSaintJean.


Implementing means to increase potato ecosystem services                                                                                                               

Date : 2009 à 2015

Demandeurs :

Léon-Étienne Parent, professeur au département de sol et génie agroalimentaire, Université Laval, personne en charge.

François Anctil, professeur au département d’ingénierie civile, Université Laval, co-appliquant.

Antoine Karam, professeur au département de sol et génie agroalimentaire, Université Laval, co-appliquant.

Résumé :

Le but de ce projet est de mettre en œuvre, au niveau de la ferme, des services d’écosystèmes relativement au cycle des éléments nutritifs dans les systèmes sol-plante applicables à la production de la pomme de terre. De façon particulière, nous visons à quantifier les cycles du carbone, de l’azote et du phosphore dans le sol et à diagnostiquer les équilibres nutritifs dans les sols et les plantes. Nos principaux objectifs sont :

Groupe agronomique (Parent, Karam) : modèles agronomiques

1. Élaborer un modèle de méta-analyse pour adapter les recommandations de pratiques culturales aux conditions locales, donc en tenant compte du climat, de la pédologie et de la qualité du sol (collaboration : IRDA).

2. Élaborer par analyse compositionnelle interactive (log-ratios isométriques) des profils nutritifs et des normes nutritives par espèce végétale et cultivar en tenant compte des principales interactions géométriquement interprétables (collaboration : UPC, Unesp).

3. Évaluer la qualité chimique, physique et biologique des sols (collaboration : AAC)

Groupe hydrologique (Anctil, Parent) : modèles environnementaux

4. Calibrer les modèles suédois ICBM (Introductory Carbon Balance Model : C et N) et CoupModel (lessivage du nitrate) sous les conditions climatiques et pédologiques de l’Est du Canada (collaboration : SLU, Environnement Canada, AAC, INRA) ; vérifier leur cinétique fractale.

Le projet est réalisé avec la collaboration de 4 producteurs de pommes de terre, dans différentes régions du Québec dont la ferme Daniel Bolduc. Sur chacune des entreprises, des suivis ont été réalisés à grande échelle dans le champ et à petite échelle, dans des parcelles expérimentales.


Diminution des pesticides pour le contrôle du PVY dans la culture de pomme de terre                                        

Date : 2012-2013

Demandeurs : Patate Lac-Saint-Jean (Ferme Daniel Bolduc)

Résumé :

L'objectif général du projet était de maintenir le virus Y(PVY) à des taux minimums ou nuls, tout en minimisant l'utilisation des insecticides dans la régie des producteurs. Selon notre hypothèse, la réussite de ce contrôle passe par l'application d'huile minérale (Huile 70 supérieure) pendant la saison de culture ce qui nous permettrait d'appliquer des insecticides qu'en cas d'extrême invasion de pucerons.

Parallèlement à cela, les résultats du projet vont permettre d’informer les producteurs face à l’utilisation de l’huile minérale qui, selon les croyances populaires, aurait tendance à diminuer la productivité des plants de pomme de terre.

Décomptes de pucerons en 2012, parcelles de Nordonna


Distribution mécanique de prédateurs pour la lutte biologique contre le doryphore de la pomme de terre                                  

Date : 2012                                                                                                                                                                                                                                

Demandeurs :

Mohamed Khelifi, professeur au département de sol et génie agroalimentaire, Université Laval      

Résumé :

L'utilisation excessive ou incontrôlée des insecticides chimiques entraine la contamination de l’environnement et sa présence dans la nature engendre des répercussions graves et néfastes sur l’équilibre de l’écosystème. La santé des êtres humains vivant à proximité des champs cultivés est également menacée. Il est alors indispensable d’explorer des méthodes alternatives et innovatrices de contrôle et d’implanter des stratégies efficaces de lutte afin de réduire de façon significative les doses appliquées de pesticides tout en restant compétitif dans le secteur.

La pomme de terre est cultivée de façon intensive au Québec et le doryphore de la pomme de terre (Leptinotarsa decemlineata) en est le principal insecte ravageur. La présence massive des populations de doryphores dans les champs cause des dommages considérables et des pertes financières importantes. Le moyen le plus courant de lutte contre le doryphore consiste à utiliser de façon régulière des insecticides chimiques. Une étude effectuée par Chagnon et Payette (1990) a indiqué qu'à lui seul, le contrôle du doryphore requiert l'utilisation la plus importante de matière active (pour un insecticide) que pour tout autre insecte. En effet, le doryphore requiert environ 19% du total des quantités d'insecticides chimiques utilisés annuellement bien que la culture de pommes de terre ne représente qu'environ 1% de la surface totale cultivée à l'échelle provinciale. La dépendance aux pesticides chimiques pour contrôler les populations de doryphores a entrainé le développement au fil des ans d’une résistance accrue de la part de cet insecte nuisible, ce qui a réduit l'efficacité de ces pesticides contre ce ravageur. Par conséquent, les insecticides chimiques sont maintenant utilisés en plus grandes quantités afin de compenser leur efficacité décroissante.

De ce fait, il devient indispensable de trouver une méthode alternative de lutte contre ce ravageur qui sera moins dommageable pour l’environnement et pour la santé humaine. La lutte biologique par le biais de prédateurs naturels est une alternative intéressante à l’utilisation des insecticides chimiques.

La punaise masquée (Perillus bioculatus) est le prédateur le mieux adapté pour lutter contre le doryphore de la pomme de terre au Québec. Son efficacité dans la lutte contre les populations naturelles de doryphores a été démontrée (LeBerre, 1950; Cloutier et Bauduin, 1995 ; Cloutier et Jean, 1998 ; Cloutier et al., 2002). Les travaux de recherche réalisés par Cloutier et Bauduin (1995) et Cloutier et Jean (1998) ont effectivement prouvé que les larves de Perillus bioculatus ont un bon potentiel de prédation du doryphore et sont capables de l’exercer sous les conditions climatiques du centre du Québec. Cette efficacité est augmentée lorsque les prédateurs sont lâchés au bon moment, c'est-à-dire dès l'apparition de masses d'œufs et de petites larves de doryphore. Le lâcher massif des punaises au champ n’engendre aucun danger de prolifération de ce prédateur étant donné que c'est un insecte indigène de l’Amérique du Nord. Malheureusement, ce prédateur n’est pas assez abondant pour lutter naturellement contre le doryphore. Pour pallier à ce problème, il convient alors d’élever et d’introduire massivement ce prédateur dans les cultures de pommes de terre. Puisqu’il n’est pas possible de se procurer cet insecte au Canada et que le processus de dédouanement est plutôt complexe lorsqu’il s’agit de produit vivant, une autre punaise a été utilisée. Le choix s’est porté sur la punaise soldat (Podisus maculiventris) qui semblait également être efficace.

Punaise soldat qui attaque un doryphore, «Bungee feeding»

Puisque la main-d’œuvre en agriculture est rare et coûteuse et que le lâcher manuel de prédateurs est laborieux et même inconcevable à grande échelle, il est nécessaire de procéder à des opérations de lâchers mécaniques, ce qui représente un défi de taille.

L'objectif principal de notre projet était de mettre à l'essai au champ un distributeur mécanique d’insectes prédateurs conçu par l'équipe de recherche du Dr Mohamed Khelifi, professeur au Département des sols et de génie agroalimentaire de l'Université Laval. Ce distributeur permet de reproduire les lâchers manuels de prédateurs réalisés par les entomologistes à petite échelle sur des plants de pommes de terre et dont les résultats sont très prometteurs. La mécanisation de la distribution des insectes prédateurs rendra la lutte biologique à grande échelle plus accessible, plus rapide et surtout moins coûteuse qu’une distribution manuelle.

Parcelle témoin (gauche) et parcelle avec implantation de punaise de façon mécanique (droite) à pareille date

      

Rapport final


Évaluation des populations de cicadelles et des dommages causés à la pomme de terre                                                 

 

Date : 2013

Demandeur : Samuel Morissette, Agrinova

Résumé :

La cicadelle de la pomme de terre et la cicadelle de l’aster peuvent occasionner des dommages à la culture de la pomme de terre. Considérées comme des insectes secondaires, les cicadelles ne sont pas reconnues comme étant des ravageurs prioritaires, au même titre que le doryphore.

L’utilisation d’insecticides systémiques à la plantation permet un bon contrôle du doryphore de la pomme de terre et une réduction du nombre de traitements foliaires en cours de saison. Une des conséquences de cette réduction est que les insectes secondaires ont aujourd’hui plus de chance de prendre de l’ampleur et d'occasionner de réels dommages à la culture de la pomme de terre. Au début des années 2000, M. Bruno Bélanger écrivait : « Depuis quelques années, principalement dans le sud et le centre du Québec, il arrive que le feuillage de champs entiers de pommes de terre soit grandement affecté par ces insectes ». La gestion de la cicadelle n'est pas simple. Ces insectes adultes ont des ailes et peuvent parcourir de longues distances. Ces derniers s'envolent dès qu’on touche le plant et leur identification au champ est souvent limitée à des périodes moins propices au dépistage (tôt le matin ou en fin de journée). La cicadelle occasionne des dommages en soutirant la sève et en injectant une toxine ou un phytoplasme dans les plants de pommes de terre. Les symptômes foliaires reliés aux dégâts de cicadelles peuvent être confondus avec d’autres problèmes, comme la sécheresse, les carences de potassium ou de calcium, ou même la salinité du sol. Depuis quelques années, des entreprises rapportent un meilleur contrôle du dépérissement hâtif et des augmentations de rendement suite à des applications ciblées contre les cicadelles.

Ce projet visait à mieux comprendre la cicadelle et son impact sur la culture de la pomme de terre au Québec afin d'en optimiser le contrôle.

Plus spécifiquement, le projet consistait à :

1) comparer les méthodes de dépistage (décompte visuel sur plant, décompte sur piège collant et décompte dans piège bol);

2) établir une corrélation entre le dépistage d’adultes, la présence de nymphes et l’apparition des symptômes au champ;

3) analyser les décomptes de nymphes et d’adultes ainsi que les symptômes et les dommages en fonction des champs traités et non traités à la plantation;

4) diffuser l’information auprès des intervenants de la pomme de terre.


Dynamique spatiale et temporelle des pucerons et du virus Y des pommes de terre                                     

Date : 2012

Demandeur : Samuel Morissette, Agrinova

Résumé :

Le virus Y (PVY) est l’un des plus importants virus de la pomme de terre. Ce dernier affecte le rendement et peut aussi occasionner des taches à l’intérieur des tubercules qui sont rejetés au niveau commercial. Depuis 2009, des tests post récoltes sont réalisés conformément au Programme de certification des pommes de terre de semence du Québec. Historiquement, l’incidence du PVY était faible. Cependant, au cours des deux dernières années, le taux de PVY a augmenté de façon significative, allant jusqu’à la décertification de lots destinés à la semence. Plus précisément, des lots de semence de première génération doivent être commercialisés sur d’autres marchés. Cela crée des ruptures d’approvisionnement importantes chez les producteurs de pommes de terre de semences et de consommation. Les pertes de production des années subséquentes peuvent s’établir à 10 fois la valeur du bénéfice net, et ce, pour une seule année de rupture, soit plus de 15 000 $/ha (CRAAQ, 2010). Une pression supplémentaire est mise sur les entreprises produisant les premières générations à partir de plantules in vitro.


Les modalités d’enfouissement de la moutarde pour maximiser l’effet biofumigant                                 

Date : 2012

Demandeur : Stéphane Martel, Agrinova

Résumé :

Le projet vise à fournir une documentation de référence (lignes directrices) vulgarisée aux conseillers et aux producteurs intéressés par la technique de biofumigation avec la moutarde en rotation avec les pommes de terre. Les objectifs spécifiques sont :

1. Essais en parcelles pour évaluer différentes méthodes d’enfouissement de la moutarde ;

2. Développer un protocole d’évaluation de l’effet biofumigant à la ferme ;

3. Produire un document technique qui vulgarise les étapes de la biofumigation et les modalités d’enfouissement.

Ce projet favorisera le transfert des connaissances en fournissant un protocole de validation et des données de référence.


Essai au champ d’un distributeur mécanique de prédateurs naturels pour la lutte biologique contre le doryphore de la pomme de terre

Date : 2011

Demandeur : Ferme Daniel Bolduc

Résumé :

En agriculture conventionnelle, les insecticides chimiques sont largement utilisés afin de lutter contre les insectes nuisibles. La culture de la pomme de terre, qui présente la plus importante culture horticole à l'échelle québécoise, requiert des applications systématiques d'insecticides pour contrôler les populations de doryphore (Leptinotarsa decemlineata), le principal insecte ravageur de cette culture.

La lutte biologique par le biais de prédateurs naturels est une alternative intéressante à l’utilisation des insecticides chimiques. La punaise masquée (Perillus bioculatus) est le prédateur le mieux adapté pour lutter contre le doryphore de la pomme de terre au Québec.


Gestion spécifique et modélisation de la pomme de terre (Solanum tuberosum L.) par cultivar                                        

Date : 2002 à 2009

Demandeurs :

Léon-Étienne Parent, professeur au département de sol et génie agroalimentaire, Université Laval.

Résumé :

L'azote est un élément fertilisant fort important. Sa gestion est délicate puisqu'une carence affecte le rendement et un surplus est potentiellement polluant. L'expérimentation permet d'estimer la dose optimale en regard de l'effet sur les rendements et la qualité. Les recherches ont été effectuées en collaboration avec l’Université Laval et d’autres entreprises agricoles.

Pour les fins de ce projet, chaque entreprise avait ses particularités. La Ferme Daniel Bolduc et Fils (1980) Inc. a été utilisée par rapport au fait qu’elle est une petite entreprise d’un peu plus de 300 ha dont le tiers est en pomme de terre et 2/3 en cultures de rotation (céréales, engrais vert). Plusieurs étudiants ont travaillé sur l’entreprise afin d'améliorer leur connaissance et leur savoir-faire, en plus d'être directement impliqués dans les opérations du projet.

La production durable de pomme de terre sur de grandes surfaces requiert des systèmes de prévisions agronomiques et hydrologiques performants tenant compte du climat, du cultivar, du sol, de la rotation des cultures, de l’irrigation et de la fertilisation. Ce projet visait:

1) À développer un système d’aide à la décision pour la gestion localisée de l’azote et de la chaux en zone boréale du Québec en combinant plusieurs niveaux d’information spatiale à l’aide de réseaux de neurones et en adaptant le dosage aux conditions du milieu;

2) À approfondir nos connaissances de la croissance et des besoins saisonniers en azote des cultivars de pomme de terre selon la génération et le type de sol, à l’aide de modèles et de diagnostics in situ incluant le bilan et le lessivage saisonnier de l’azote.

Des essais ont eu lieu sur différents cultivars de 2004 à 2008. La méthode de fertilisation utilisée consistait en une seule application au semis dans la butte. Les quantités d'engrais appliquées variaient entre 0 et 200 kg N ha-1.

Application des engrais dans le fond du rang.

D’après les résultats, l'azote affecte les rendements de la pomme de terre. Ceux-ci augmentent à mesure que les doses d'azote croissent, et ce, jusqu'à environ 150 kg N ha-1 tout dépendant du cultivar. Aux doses supérieures, l'azote demeure au champ puisqu'il n'est pas exporté et enrichit le sol. Cette fraction est alors susceptible d'être prélevée par la culture subséquente, lessivée ou volatilisée.

Rendement relatif en fonction de la dose d'azote appliquée. Compilation des données de 2004, 2005 et 2006.

Nitrate résiduel dans le sol en fonction de la dose d'azote appliquée. Moyenne de l'année 2005. 

(Au delà de 125 unités d'azote, il y a une augmentation marquée des nitrates dans l'horizon cultivable 0-20 cm.)


Agriculture de précision                                                                                                                                   

Date : 2005

Demandeurs :

Léon-Étienne Parent, professeur au département de sol et génie agroalimentaire, Université Laval.

Résumé :

La bonne gestion des champs requiert l’intégration de plusieurs informations. À l’ère de l’informatisation et avec l’avènement de système de positionnement peu dispendieux, il est apparu intéressant et surtout avantageux pour la ferme de modifier ses pratiques.

Faciliter le regroupement et la consultation de l’information

L’emploi d’un logiciel d’information géographique permet de visualiser et de consulter rapidement plusieurs informations. Les coordonnées enregistrées à l’aide d’un GPS comme le pourtour des champs y sont transférées. Le plan de ferme est la couche de fond sur laquelle les autres données sont présentées comme les plans de culture, les analyses de sol ou les amendements. D’un simple clic, il est possible de visualiser le précédent cultural, les rendements ou la quantité d’amendements appliqués lors des années passées. De plus, il est possible d’avoir une estimation assez précise des superficies lorsqu’il n’y a pas d’importante dénivellation de terrain. Les photographies aériennes peuvent être mises en arrière plan afin de faciliter la visualisation.

Carte contenant des informations à propos des champs, du plan de culture et des analyses de sols.

Localiser et approfondir le diagnostic

En plus de faciliter la gestion de l’information, ces nouveaux outils augmentent la précision des interventions. Par exemple, l’emploi d’un capteur de rendement permet d’évaluer la variabilité de la récolte au champ. Un moniteur installé sur l’arracheuse pèse en continue les pommes de terre récoltées et enregistre le rendement en fonction de la vitesse d’avancement au champ, de la largeur de travail ainsi que de la position. Le traitement de ces informations permet de réaliser des cartes de rendement. Par la suite, il est possible de prélever des échantillons de sols aux endroits où une baisse de production a été enregistrée et d’apporter les corrections nécessaires.


L’utilisation de ces outils a permis de mettre en évidence certains phénomènes agronomiques. Par exemple, l’observation de l’évolution des analyses de sol a révélé que le niveau de phosphore augmente davantage aux endroits où le rendement est plus faible. Ceci s’explique par le fait que la pomme de terre extrait moins de phosphore compte tenu qu’un facteur limitant réduit son rendement. La production à cet endroit ne sera pas améliorée par l’ajout de phosphore, mais bien par la compréhension et la correction du facteur limitant.

Carte de la variabilité spatiale du rendement.


L’incidence de la gale commune, une maladie importante de la pomme de terre, est grandement affectée par le pH du sol. Un échantillonnage intensif a été réalisé et du sol a été récupéré à tous les 65 mètres (soit 1 échantillon à l’acre environ). À partir de ces données géo référencées, il a été possible de faire des cartes de la distribution spatiale du pH. La première constatation a été la grande variabilité à l’intérieur d’un même champ. Ceci a profondément modifié les façons d’appliquer les amendements calcaires. En effet, ceux-ci n’ont été épandus qu’aux endroits déficitaires, au lieu de faire une application sur la totalité du champ.

Carte de la variabilité spatiale du pH.

Toutes les coordonnées ont été enregistrées sur un ordinateur de poche (PocketPC) muni d’un récepteur GPS. La précision du système (environ 3 m) est suffisante pour les opérations courantes de référencement des cultures, de l’application de chaux ou des analyses de sol.

Conclusion

L’informatique et le GPS ont modifié les pratiques à la Ferme Daniel Bolduc. La gestion de l’information a facilité le regroupement et la consultation des données. Ces technologies ont amélioré la précision de l’information et les interventions ont pu être mieux ciblées. Enfin, ces technologies feront sûrement partie de la réalité de demain.


Projet biomasse (Substor)                                                                                                                 

Date : 2008

Demandeurs :

Léon-Étienne Parent, professeur au département de sol et génie agroalimentaire, Université Laval, personne en charge.

Résumé :

Substor est un modèle mathématique de croissance pour la pomme de terre. Il permet d'estimer la croissance des plantes en fonction des données climatologiques. L'objectif de ce projet était de calibrer Substor aux conditions du Québec.

Un suivi de la biomasse est effectué durant la saison. Le tout consiste à prélever à différentes périodes les plants au champ en séparant les racines, les tubercules, les tiges et les feuilles. Une station météorologique située à proximité recueille la température, l'humidité, la pluviométrie, le vent (sens et vitesse) ainsi que l'intensité des radiations solaires. Le couplage de ces informations devrait permettre de calibrer le modèle.

Rendement moyen des différents organes en fonction du nombre de jour après la plantation (JAP).

La croissance débute environ 30 jours après la plantation. Les feuilles et les tiges constituent alors le plus important de la biomasse. La tubérisation est initiée environ 40 jours après plantation (JAP). Les feuilles, les tiges et les tubercules croissent à une vitesse comparable de 45 à 60 JAP. Par la suite, les feuilles et les tiges cessent de croître et les tubercules utilisent alors toutes les ressources (60 à 90 JAP). Les tubercules grossissent rapidement entre les jours 60 et 85, par la suite, le taux d’accroissement est réduit.

Gain moyen quotidien en fonction du nombre de jour après la plantation (JAP).

Au départ, la plante ne produit qu'une faible quantité de matière compte tenu de sa faible surface foliaire qui capte la lumière. À 50 JAP environ, le plant de pommes de terre atteint un pic, le plant peut accumuler jusqu’à 13 quintaux à l’acre par jour avant que le développement des feuilles et des tiges soit réduit. Le développement des tubercules est à son maximum après l'arrêt du développement des tiges et des feuilles. Le rendement en tubercule augmente jusqu'à 8 quintaux à l’acre par jour et même plus en fonction des cultivars (maximum observé : 15 quintaux). Au-delà de 80 JAP (soit vers la fin juillet), le taux de croissance diminue et peut être explicable par une diminution des températures.

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